Les cinq chantiers qui attendent Paris pour rebooster son projet


Après une nouvelle déception, Nasser al Khelaïfi a beaucoup de défis à relever
Après une nouvelle déception, Nasser al Khelaïfi a beaucoup de défis à relever

Après l'élimination du PSG contre le Real Madrid en huitièmes de finale de la Ligue des Champions, c'est le projet de tout un club qui a donné l'impression de stagner, voire de régresser. Afin de repartir de l'avant, de nombreux changements, sur le terrain comme en dehors, sont à prévoir.

Le départ d’Emery est acté, Paris doit viser juste pour sa succession

Officiellement, rien n’a été annoncé. Mais c’est tout comme. Après deux saisons passées sur le banc du Paris Saint-Germain, Unai Emery verra son aventure au sein du club de la capitale prendre fin à l’issue de la saison, voire même avant. Le technicien basque disposait, dans son contrat, d’une clause de prolongation en cas de qualification en demi-finale de la Ligue des Champions, et a clairement échoué sur ce point-là. Après la honte de la « remontada » la saison dernière, l’ancien entraîneur de Séville n’a rien su faire pour éviter une impuissance flagrante face au double tenant du titre au match retour.

Nasser Al-Khelaïfi et le board parisien n’avaient de toute façon pas attendu ce nouveau revers pour se mettre en quête d’un nouveau coach. Les idées ne manquent pas : Mauricio Pochettino, Antonio Conte, Luis Enrique, Carlo Ancelotti, Roberto Mancini, entre autres, sont évoqués. Mais il s’agira de faire le bon choix. Un choix qui devra se porter vers un homme qui sait transcender ses troupes et s’imposer naturellement de par sa légitimité. Mais qui devra aussi être un as du management, afin de gérer les égos de Neymar et consors. Des points sur lesquels Unai Emery a régulièrement été critiqué ces dernières saisons… Le problème du Basque était peut-être qu’il avait tout à prouver en arrivant à Paris. Le club de la capitale voudra (et devra) certainement s’éviter de vivre une situation similaire.

Faire le ménage dans la direction

C’est bien connu, le premier vers qui l’on se tourne quand les résultats ne sont pas au rendez-vous, c’est l’entraîneur. Mais à Paris, un autre homme est la cible de nombreuses critiques. Cet homme, c’est Nasser Al-Khelaïfi, la partie visible du projet qatari. Déjà sur la sellette la saison dernière, le président du PSG est logiquement dans le viseur de l’émir du Qatar. Car si plusieurs erreurs de casting ont été réalisées ces dernières saisons, il en est évidemment à l’origine. Mais il n’est pas le seul. Arrivé en début de saison, Antero Henrique aurait déçu dans la mise en place de son projet. A un tel point que le directeur sportif serait lui aussi déjà sur la sellette, tant à cause de ses rapports avec les joueurs que la gestion des départs et arrivées. Si son limogeage devait être acté, Paris n’aurait là non plus pas droit à l’erreur pour le remplacer. Car c’est une mini révolution qui attend certainement l’effectif du vice-champion de France lors du prochain Mercato. Pour lancer un nouveau cycle, Leonardo avait par exemple fait un excellent travail, en allant chercher des joueurs comme Marco Verratti…

Des départs à prévoir, d’autres à provoquer ?

Le Mercato d’hiver était parti pour avancer ce ménage estival qui se profile. Mais finalement, seul Lucas a fait ses bagages pour Tottenham. Les questions autour de Javier Pastore et Angel Di Maria risquent cependant d’être les mêmes dans trois ou quatre mois. Les deux Argentins quitteront vraisemblablement le navire, et seule une énorme performance de l’un des deux (ou des deux, soyons fous) en Ligue des Champions aurait pu changer la donne. L’avenir de Thiago Motta semble plus clair encore, puisque l’international italien devrait raccrocher les crampons à l’issue de cet exercice. Toujours dans la catégorie vieux briscard, pas sûr que Daniel Alves ne poursuive l’aventure, malgré un contrat qui court jusqu’en juin 2019. Du cas du Brésilien dépendra d’ailleurs vraisemblablement celui de Thomas Meunier…

Mais outre ces premiers cas, le PSG serait bien inspiré de se pencher sur des joueurs qui semblent en fin de cycle dans la capitale, malgré leurs qualités indéniables. L’exemple le plus criant est celui de Marco Verratti, révélé aux yeux de l’Europe lors d’une confrontation contre le FC Barcelone, mais qui ne semble plus progresser avec la formation francilienne. Le cas Thiago Silva est aussi à évoquer tant le joueur, par ailleurs très bon mardi contre le Real Madrid, est régulièrement pointé du doigt pour son manque de leadership. Sans compter que laisser Presnel Kimpembe sur le banc est de plus en plus gênant. Enfin, Paris va aussi devoir faire le point sur ses arrières gauches. Et se demander s’il est possible de remporter une Ligue des Champions avec Layvin Kurzawa ou Yuri Berchiche comme titulaires.

Dans le sens des arrivées, Paris a besoin d’au moins une pointure par ligne

Si le PSG doit vendre, il doit évidemment aussi recruter. Et avant même de connaître le nombre de joueurs qui quitteront le navire, il semblerait que l’actuel leader de Ligue 1 ait besoin d’au moins une pointure par ligne. Tout d’abord, l’arrivée d’un gardien de niveau international devrait être l’une des priorités, si ce n’est l’objectif majeur du prochain marché des transferts. Paris n’en a jamais eu un dans ses rangs depuis son rachat et ne peut plus, étant donné ses ambitions, se contenter de la concurrence entre Kevin Trapp et Alhponse Areola, qui n’en est d’ailleurs plus une. Le marché semble actuellement se résumer à trois noms : Jan Oblak, Gianluigi Donnarumma et Thibaut Courtois. Des pistes onéreuses mais qui valent le coup d’être étudiées de près.

Défensivement, c’est au poste d’arrière gauche, comme nous l’évoquions plus haut, que le besoin semble être le plus pressant. Paris aura besoin de mettre les choses au clair sur le côté droit et certainement de s’assurer une plus grande profondeur de banc dans l’axe, mais doit trouver un successeur digne du joueur qu’était Maxwell à son meilleur niveau. Alex Sandro, David Alaba ou Ryan Sessegnon font partie des pistes envisageables dans un marché là encore réduit. Au milieu de terrain, le problème de sentinelle n’a été que partiellement – et temporairement – réglé. N’Golo Kanté ou Fabinho seraient certainement plus en adéquation avec les ambitions parisiennes qu’un Lassana Diarra qui n’a pas refait le coup d’un retour canon une deuxième fois de suite. Enfin, certains médias prêtent à Edinson Cavani des envies de départ. Quoiqu’il en soit, l’Uruguayen a au moins besoin d’une doublure qui lui manque depuis trop longtemps. Le recrutement d’un attaquant de pointe semble donc indispensable. Reste à savoir s’il s’agira d’un remplaçant de luxe ou d’une star supplémentaire (Lewandowski ?).

Le fair-play financier n’est plus seulement une ombre

Pour ne pas s’exposer à de lourdes sanctions de l’UEFA, Paris doit aussi garder en tête qu’il doit rentrer dans les clous du fair-play financier avant la clôture de l’exercice au 30 juin. Et si on se doute que cette contrainte résonne dans la tête des dirigeants parisiens comme une petite musique, le morceau pourrait devenir de plus en plus désagréable. Paris comptait notamment sur ses contrats de sponsoring, dont celui avec Nike, pour s’assurer des rentrées d’argent supplémentaires. Ainsi, le contrat avec l’équipementier américain assure 25 millions d’euros par saison au club français, qui espérait renégocier pour recevoir le double. Mais selon RTL, la marque à la virgule a pris ses distances depuis l’élimination contre le Real Madrid et les discussions ne devraient pas aller dans ce sens. Les ventes espérées cet hiver n’ont pas été bouclées et Paris va donc devoir s’activer pour renflouer les caisses. Bref, en coulisses, sur le terrain, ou financièrement, Paris a du boulot. Ah et tiens, le PSG a encore un titre de champion et deux Coupes nationales à aller chercher…