L'édito du stagiaire

La preuve par l'absurde ?

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Quitte à me mettre à dos les moins objectifs des supporters marseillais, je le dis, c’est tout de même invraisemblable, inadmissible, insupportable, de voir aujourd’hui l’Olympique de Marseille truster la deuxième place de notre championnat de Ligue 1 au détriment de l’Olympique Lyonnais ou de l’AS Saint-Etienne ! Alors, ok, poussons l’honnêteté intellectuelle jusqu’à son terme : Votre fidèle serviteur (contrairement à son patron et son rédacteur en chef, respectivement marseillais et stéphanois) est supporter du Paris Saint Germain. Pas un gros, présent au Parc des Princes, toutes les deux semaines, mais un petit, du genre « c’est ma ville, donc mon club » et qui serre sans mal la main du premier marseillais qui passe.

Et d’ailleurs, ce n’est pas le PSG que je souhaite défendre aujourd’hui, à travers cet édito. Non, le PSG, je m’en moque un peu. Il est bien tranquille, à l’abri avec ses sept points d’avance sur tout le monde, à huit journées de la fin et conscient qu’il a déjà fait le plus dur lors des matchs retour en battant, tour à tour Bordeaux, Lille, Marseille, Montpellier et en décrochant le nul face à Sainté. Mis à part Lyon – éventuellement Nice - et le Barça, sa saison est donc déjà derrière lui. Et l’équipe que je souhaite défendre aujourd’hui, est bien l’ASSE.

On ne cesse de le répéter, semaine après semaine, Saint-Etienne est le seul club du big five européen à n’avoir pas perdu le moindre match en 2013. Seulement, si on martèle sans cesse cette information, c’est bien pour une raison : parce qu’elle est vraie ! Et le fait est qu’on est déjà au printemps (qui plus est au mois d’avril) et que la statistique impressionne. Mais, loin des marseillais, qui cumulent les 1-0 chanceux, depuis le début de la saison, Saint-Etienne gagne aussi, mais avec la manière. Aussi, les hommes de Christophe Galtier ne se sont-ils pas contenté de tenir tête à ceux de Carlo Ancelotti, deux buts à deux, il y a deux semaines, mais ont aussi, depuis janvier, écrasé Nice (4-0), Montpellier (4-1), Bastia (3-0), Lille (3-2). Autant de scores qui marquent et qui leur auront permis d’inscrire un total 50 buts en 30 matchs, soit seulement quatre de moins que le Paris Saint Germain, sans les 25 d’un certain Zlatan Ibrahimovic

Et pourtant Saint-Etienne n’est pas sous une bonne étoile, aligne parfois quelques matchs nuls idiots, comme ce samedi, 2-2, face à une équipe troyenne 19ème au classement général et quasiment déjà condamnée à la Ligue 2, la saison prochaine, en cas de défaite, dans six jours, face à Nancy. Aussi, cette saison se dessine peu à peu comme celle de l’injustice, qui verrait une nouvelle très grande équipe française manquer la Ligue des champions, alors qu’un Olympique de Marseille, apathique depuis des mois, s’y dirigerait tranquillement, à l’expérience. Nous serions donc confronté à la preuve par l’absurde : les honneurs remis aux moins méritants.

Car, il faut le dire, l’Olympique de Marseille, cette saison, ne fait rêver que ses supporters. André-Pierre Gignac, brillant l’été dernier, est retombé dans ses travers de la saison passée, Joey Barton, le milieu anglais, s’est plus illustré via ses clashs sur Twitter que sur les terrains de Ligue 1, Jordan Ayew semble conserver un plus grand sens du carton rouge que celui du but et Steve Mandanda, correct mais sans génie, est loin de s’apprêter à bousculer la hiérarchie des gardiens, au sein de l’équipe de France. Aussi c’est dans ce marasme ambiant que seul surnage un Mathieu Valbuena, extraordinaire de bout en bout, et qui, concernant l’équipe de France, devrait finir par y gagner une place indiscutable en tant que meneur de jeu. Mais au delà du plan sportif, l’OM version 2013 continue à offrir un spectacle relativement affligeant, jalonné par des écoutes téléphoniques de la police sur son directeur sportif, José Anigo, qui auraient révélé de potentielles malversations, un clash sans fin, à coup de bouquins, entre Vincent Labrune et Pape Diouf, une Margarita Louis-Dreyfus qui cherche à refourguer son club le plus discrètement possible et un Bernard Tapie qui revient tristement se mêler à la fête…

Non, décidément, je ne peux pas croire que ce club finisse par aller défendre les couleurs de la France en Ligue des champions la saison prochaine, surtout en lieu et place de l’AS Saint-Etienne. Mais toutefois, et si cela devait arriver, nous soutiendrons les hommes d’Elie Baup avec la plus grande des ferveurs, pas uniquement par simple patriotisme, mais aussi et surtout car une belle saison en Coupe d’Europe serait peut-être le meilleur moyen de réveiller ce très grand club français qui risque, dans les années à venir, de tomber de haut.

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